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 Lettre à la mère supérieure

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Invité


MessageSujet: Lettre à la mère supérieure   14/12/2012, 19:51

->>>Introduction<<<-


Une goutte de sang, dans un océan d'humains...

C'est la première pensée qui me passa par l'esprit au moment ou la dernière de mes cibles expira au bout de ma lame, dans les beaux quartiers de Southampton... Une sombre histoire ne laissant que des cendres et des loups se déchirer entre eux pour une lutte de pouvoir dans une noble Famille de cette ville. En me jetant du haut du balcon, pour tenter d'atterrir sur le dos, la seule et unique chose au monde qui m'importait, c'était cet enfant, ce nouveau né de quelques mois, qui dormait paisiblement pendant que je chutais dans le vide...

Mon dos eut tout le loisir de rencontrer avec peu de tendresse l'épaisse haie taillée, j'eus presque un remord à l'abîmer en pensant au jardinier qui devrait recommencer son travail pour plusieurs mois, mais comme tout est possible avec le renouvellement...

En temps normal j'aurais utilisé un autre échappatoire, mais vu la situation il m'était impossible de faire autrement...

A la fin de ma longue chute, ma longue cape se déchira, grâce à tous ces bras dispersés au gré des buissons, qui ne pouvaient supporter le poids d'un homme, et me firent comprendre que je n'étais pas le bienvenu...

Après un étourdissement de quelques minutes, je me rendis compte qu'une branche devait avoir tenu un bon couteau pour m'ouvrir le bras droit sur toute sa longueur... Je n'avais que très peu de temps pour réagir, je dûs déchirer ma chemise pour m'en faire un garrot... Et partir vite loin d'ici, avant que quelqu'un ne remarque quelque chose d'inhabituel...

Je pressais mon pas vers mon cheval, ce tendre ami... Macluyo... Le seul qui ne m'a jamais trompé... Au moment de mon apparition, il s'était empressé de courir vers moi, et sans attendre, nous montâmes en selle...

Pendant toute la chevauchée, le plus surprenant dans cette scène était cet enfant, il était demeuré indemne et imperturbable dans son sommeil... A la pâleur de la lune, un seul moment de répit me fût accordé, c'est de pouvoir contempler pendant quelques secondes, le visage de l'innocence... Celui de la pureté même...

A peine arrivé dans ma maisonnée, je m'empressais d'envoyer Macluyo dans son champ, et vite rentrer, actionner une poignée, rentrer dans la cheminée pour accéder à mon repaire secret... Je posais l'enfant dans un berceau préparé à cet effet, cicatrisait ma blessure avec de l'alcool fort, tout en mordant bien fort une balle de tissu. Pourquoi crier ? Apart réveiller l'innocence et la bestialité, à quoi cela pourrait t'il servir ?

Sur ces paroles de basse philosophie, je me précipitais pour manger quelque chose, avant de sombrer dans le néant dans lequel Morphée semblait vouloir m'entraîner...

Des cris... des cris... encore des cris... et des pleurs, c'est ce qui me réveilla en cette matinée et me tira de ma torpeur... Mes yeux s'éveillèrent sur le bandage rustique... Et je pris conscience que les sombres appels venaient du bébé... Il devait certainement être midi passé...

En toute hâte, je me chargeais de lui, bien que très affaibli, malgré ses larmes, aucun ressentiment, quelle différence entre les pleurs d'un jeune enfant et d'un homme qui va mourir ?

Ce très jeune garçon, sans pour autant me connaître et me comprendre, me nourrissait d'une empathie considérable, dès qu'il vît que je faisais le nécessaire pour qu'il aille mieux, il se tût entièrement, créant un silence harmonieux avec le chant des oiseaux, et me contemplait...

Une sorte de lien symbiotique me liait désormais à lui... Quelle Ironie du sort... Destin ou autre...

Je ne pouvais cependant pas rester à Southampton, par mesure de sécurité pour lui et moi... Ne savait t'on jamais si quelqu'un m'avait vu malgré mon déguisement et mes longues écharpes couvrant mon visage...

Aller au couvent le temps de ma guérison semblait nécessaire... Qui donc songerait à aller chercher là bas un sombre personnage ?

Je m'empressais alors de prendre ma plus belle plume, mon plus beau parchemin, et d'écrire à la mère supérieure du couvent de Gráinne, le trajet serait long, mais plusieurs de mes informateurs m'ont assuré que ça serait le meilleur refuge... Personnellement du moment que j'ai mon petit coin tranquille, et que je peux m'occuper tranquillement de cet enfant, tout ira bien...

Une fois ma complainte funèbre écrite et cachetée d'un sceau familial ... Je sortis dehors, lorgnant mes rosiers blancs, et j'appelais mon deuxième serviteur... Mon faucon Vif-D'argent fidèle compagnon de chasse, à cause de ses ailes, et de l'éclat qu'elles portent sous le soleil...

Pour son long trajet, je l'avais payé grassement en viande la plus tendre possible... Et donné une sorte de sac à petites provisions si il en ressentait le besoin lors de son périple.


Va mon ami... Porte ce message au couvent... Et quoi qu'il t'arrive reviens moi en vie avec une réponse...

Pour l'encourager, je lui donnais un baiser, avec quelques caresses... Et dans un éclair argenté, il s'envola fier de sa mission...

Un hennissement retentit, c'était Macluyo qui était jaloux, on peut dire des bêtes qu'elles ne sont pas humaines, mais je les trouve bien plus humaines que les humains... Et je m'empressais de m'occuper un peu de lui, malgré mes blessures, et retournais vaquer à mes occupations quotidiennes...






->>>Tout commence par une première Lettre<<<-


Vif d'Argent s'acquitta de sa mission avec perfection, et pris la liberté d'atterrir sur le bureau de la mère supérieure, en s'écroulant et renversant un cierge a priori orné...

Il n'avait pas fait attention si la mère supérieure était à son bureau en ce moment ou non, mais il avait toujours le message cacheté accroché par une bandoulière finement fabriquée à son cou, avec la lettre contenant ces mots.


Mère supérieure du couvent de Gráinne

Je vous prie de m'excuser si mon fidèle compagnon vous a causé des dégâts lors de son arrivée au couvent, je me chargerais de vous les rembourser si vous le souhaitez.

Je ne suis qu'un pauvre père errant, avec son nouveau né, ma femme est morte il y'a peu et m'a laissé le produit de notre chair... Je n'ai cependant nulle part ou aller pour le moment, vu que notre famille est en ce moment en explosion complète pour une lutte de pouvoir à Southampton... Je m'excuse de m'imposer ainsi, j'ai assez d'argent pour payer le gîte et le couvert pour plusieurs mois, le temps de retrouver une nouvelle santé, ainsi que le recueillement...

Si besoin, je pourrais ouvrer pour le couvent aux tâches quotidiennes, ainsi qu'aider du mieux que je puisse à la culture de vos champs, je ne demande juste en échange qu'une chambre et le recueillement, pour mon fils et moi même...

Pour me renvoyer une réponse, écrivez là, et donnez un morceau de viande à vif d'argent, mais vérifiez d'avoir bien attaché votre lettre de réponse... Réconfortez le un peu, et commandez lui de s'envoler, et il vous obéira...

Merci d'avance pour tous les soins que vous lui apporterez...

Sir John Macmillan
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Lettre à la mère supérieure

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